Récits d'adoption
Cinq aventures familiales
Suivis de fiches techniques
Par
Louise Noël,
M.S.S., T.S.
Maison
Préface
Table des matières
Tableaux et figures
Introduction
Récits
Personnages
Achat

Ce livre raconte l’histoire de cinq couples de parents qui ont accueilli un ou plusieurs enfants dans le cadre du programme Banque-mixte du Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire (CJM–IU). Dans ce programme, les postulants à l’adoption acceptent de jouer d’abord le rôle de famille d’accueil pour des enfants dont les parents d’origine présentent un pronostic incertain de développer leurs aptitudes parentales dans un temps convenant aux besoins de l’enfant ou pour des enfants à haut risque d’abandon. Dans la grande majorité des cas, l’enfant devient légalement admissible à l’adoption et les postulants Banque-mixte peuvent l’adopter.

Le premier récit relate un projet-type, qui se réalise avec assez de facilité et de rapidité. Le deuxième récit concerne deux soeurs de deux et quatre ans. Il illustre l’adoption d’enfants plus âgés, qui implique des défis particuliers. Ces deux premiers récits décrivent le travail souvent méconnu des divers intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Le troisième récit est celui d’un projet qui se termine par le retrait de l’enfant : celui-ci souffre de problèmes importants qui nécessitent une intervention intensive. Les parents racontent les difficultés auxquelles ils ont dû faire face. Le quatrième récit est celui d’un couple qui accueille quatre enfants dont trois dans le cadre du programme Banque-mixte : un enfant est adopté rapidement et les deux autres font l’objet d’une ordonnance de placement en famille d’accueil jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Enfin, le dernier récit est celui de l’adoption de deux enfants : l’un atteint d’un déficit et l’autre, à haut risque de déficit.

Les récits sont suivis de quatre séries de fiches techniques donnant de l’infor mation sur le contexte, les modalités et les défis relatifs aux projets de type Banque-mixte.

Louise Noël est travailleuse sociale au CJM–IU. Elle a obtenu un baccalauréat en travail social de l’UQAM et une maîtrise de l’Université McGill. Elle a travaillé durant une quinzaine d’années auprès des adultes en perte d’autonomie avant de s’orienter, en 1990, vers le Service adoption du CJM–IU. Elle évalue et suit des postulants à l’adoption dans le cadre du programme Banque-mixte. Elle est l’auteure de Je m’attache, nous nous attachons : le lien entre un enfant et ses parents, publié en 2003, dans la même collection.
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Chaque personne a son histoire.
Chaque histoire est unique.
Chaque personne a un besoin d’appartenance.
L’appartenance n’est pas toujours un choix.
C’est souvent l’histoire qui décide.

Un jour, dans ma vie de femme ordinaire, j’ai voulu ce que presque toute femme désire. Être mère!

Mon parcours n’est pas unique, mais bien historique. Grâce au programme Banque-mixte du Centre de services sociaux du Montréal métropolitain1 , j’ai eu la chance inouïe de faire la rencontre d’un être qui allait transformer ma vie. J’ai été mère d’accueil, puis je suis devenue mère adoptive.

Le chemin vers Charlotte a été, je l’avoue, quasi miraculeux, et notre histoire se conjugue pratiquement sans embûches: je l’ai accueillie dans ma vie, elle avait à peine une semaine; je l’ai adoptée deux ans plus tard et nous nous aimons depuis d’un amour inconditionnel.

Je ne l’ai pas portée dans mon ventre, mais je l’avais longtemps portée dans mon coeur! Aujourd’hui, je la guide, je me questionne, nous évoluons ensemble. Constamment, je m’ajuste, je grandis, grâce à elle. Elle est mon phare, ma lumière, mon port d’attache.

La courbe des événements n’est pas toujours aussi fluide, aussi facile pour tous. Certaines histoires, relatées ici, le prouvent. Elles sont touchantes, bouleversantes. Mais toutes sont empreintes de courage, d’amour et de lumière.

Je salue la grandeur d’âme des parents d’adoption qui se soumettent aux contraintes qu’une telle démarche peut imposer. Je salue l’immense amour des parents naturels qui acceptent de faire face à leurs limites, de faire abstraction du jugement des autres, et de lâcher prise afin d’assurer le bonheur et l’avenir de leurs enfants. Je salue l’efficacité et la droiture des intervenants sans qui chaque histoire n’aurait pas le dénouement souhaitable.

J’espère que ce livre apportera une lumière à tous ceux et celles qui ont le même désir légitime de fonder une famille.

Si mettre un enfant au monde est un acte social, que la prise en charge ou l’adoption d’un enfant devienne un geste politique, soit en investissant dans nos « richesses naturelles » et en accueillant des enfants bien de chez nous.

Le personnage de Grace dans la pièce Grace et Gloria2 résume bien notre raison d’être sur terre. Elle est à la fin de sa vie, elle tricote un chandail et elle dit:

« Toutes les choses dans le monde sont tricotées ensemble, comme les mailles d’un chandail. Une par une, y valent pas grand’chose, mais t’en brise juste une pis toute le chandail est ruiné.

Chus sûre que le bon dieu m’a mis sur la terre pour une raison. Même si c’était juste comme une maille dans le grand chandail, pour tenir la maille qui venait avant moé, pis celle qui venait après. »

Chaque personne a son histoire.
Chaque histoire est unique, nécessaire.
Je souhaite que la vôtre soit tricotée serrée!
Linda Sorgini3
Septembre 2007

1 En 1993, le Centre de services sociaux du Montréal métropolitain (CSSMM) a été intégré à l’actuel Centre jeunesse de Montréal–Institut universitaire (CJM–IU).

2 Grace et Gloria, pièce de Tom Ziegler, adaptée par Michel Tremblay.

3 Madame Linda Sorgini est une comédienne québécoise réputée qui évolue sur la scène théâtrale, à la télévision et au cinéma.
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Récits
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Liste des tableaux et des figures
Liste des abréviations
Préface
Avant-propos
Introduction

PREMIÈRE PARTIE — RÉCITS

François
Point de vue de Sylvie, intervenante sociale
- Contexte légal de la situation de François et de ses parents d’origine
- François
- Situation des parents d’origine
- Prise de contact
- Suivi
- Défis d’intervention
Point de vue des autres personnes impliquées dans ce récit
- Pierrette et Frank, parents adoptifs de Michel, et grands-parents d’origine de François
- Michel, père d’origine de François
- Hélène, mère d’origine de François
- Isabelle et Vincent, parents Banque-mixte de François
Bilan de ce récit

Rosie et Clara
Rosie et Clara
- Mélanie et Paul, parents d’origine
- Gloria, psychoéducatrice
- Marie-Josée, psychologue
- Chantal, mère d’une famille d’accueil régulière
Projet de vie pour Rosie et Clara
- Aline et Jean, parents d’adoption de Rosie et Clara dans le cadre du programme Banque-mixte
- Jumelage de Rosie et Clara avec Aline et Jean
- Période d’acclimatation
- Marie-Josée: travail thérapeutique avec Rosie
Processus de déclaration d’admissibilité à l’adoption
- Marc, intervenant de prise en charge
- Jean-Claude, avocat au Service du contentieux du CJM–IU
- Jacqueline, juge à la Cour du Québec, Chambre de la jeunesse
La famille d’Aline et Jean aujourd’hui
Bilan de ce récit

Bruno
Présentation de la situation
- Laurence et Philippe, parents Banque-mixte de Bruno
- Bruno
- Décision
Séjour de Bruno chez Laurence et Philippe
- Premiers moments
- Sables mouvants
- Révélation de l’abus sexuel
- Prise de conscience de l’ampleur des problèmes
- Isolement et exaspération
- Intégration à l’école
Détachement
- Membres d’une équipe thérapeutique
- Réflexions sur l’intervention
- Rôle de père et de mère
- Autres membres de la famille
- Relation de couple
- Avenir
Bilan de ce récit

Frédéric, Kevin, Mariesol et Liliane
Claudia et Pierre
- Frédéric
- Kevin
- Mariesol
- Liliane
Bilan de ce récit

Steven, Anthony et Marion
Line et Martin
- Steven
- Anthony
- Marion
Bilan de ce récit

Conclusion

DEUXIÈME PARTIE — FICHES TECHNIQUES

SÉRIE 1. Contexte social, clinique et légal dans lequel le programme Banque-mixte se développe
1.1 Société québécoise
1.2 Centre jeunesse de Montréal–Institut universitaire
1.3 Loi sur la protection de la jeunesse
1.4 Dispositions du Code civil du Québec en matière d’adoption
- Admissibilité à l’adoption
- Ordonnance de placement en vue d’adoption, période de probation et jugement d’adoption
1.5 Théorie de l’attachement
1.6 À chaque enfant son projet de vie permanent: un programme d’intervention – 0 à 5 ans

SÉRIE 2. Types d’adoption nationale au Québec
2.1 Adoption par un membre de la famille d’origine de l’enfant
2.2 Adoption québécoise régulière
2.3 Adoption par la famille d’accueil régulière
2.4 Adoption de type Banque-mixte
2.5 Comparaison entre l’adoption internationale, l’adoption québécoise régulière et l’adoption de type Banque-mixte
2.6 Recherche d’antécédents et retrouvailles

SÉRIE 3. Programme Banque-mixte
3.1 Objectifs du programme Banque-mixte
3.2 Description des parents d’origine des enfants orientés vers un projet de type Banque-mixte
3.3 Description des enfants orientés vers un projet de type Banque-mixte
3.4 Description des postulants qui s’orientent vers un projet de type Banque-mixte
3.5 Fonctionnement du programme Banque-mixte et étapes de réalisation
3.6 Intervenants participant à un projet de type Banque-mixte
3.7 Évolution du programme Banque-mixte depuis 1988
3.8 Comparaison entre le rôle de famille d’accueil et le rôle de famille de type Banque-mixte
- Similitudes
- Différences
3.9 Recrutement et évaluation des postulants pour le programme Banque-mixte
3.10 Dépistage des enfants orientés vers un projet de type Banque-mixte
3.11 Jumelage d’un enfant avec une famille de type Banque-mixte
3.12 Placement d’une fratrie dans une même famille
3.13 Dénouements possibles d’un projet de type Banque-mixte
3.14 Conditions de succès d’un projet de type Banque-mixte
3.15 Quelques pièges de la parentalité Banque-mixte
- La peur de rater sa chance…
- Être parent n’est pas toujours une partie de plaisir…
- Le piège de la performance…
- Le piège de vouloir faire mieux que les parents précédents…
- Le piège de tout faire en même temps…
- Le piège de travailler sur les problèmes au lieu de bâtir une relation satisfaisante…
- Les « renoncements nécessaires »…
3.16 Déroulement des projets d’adoption de type Banque-mixte
3.17 Statistiques concernant les dénouements possibles des projets d’adoption de type Banque-mixte au CJM–IU
3.18 Le programme Banque-mixte dans les autres régions du Québec
3.19 Loi sur la protection de la jeunesse telle que modifiée en 2006
3.20 Avenir du programme Banque-mixte

SÉRIE 4. Défis d’intervention reliés au programme Banque-mixte
4.1 Enfants blessés, parents blessants?
4.2 Conflit de loyauté et idéologie du lien de sang
4.3 Importance de centrer sur l’enfant, dès le départ, le travail fait avec les parents d’origine
4.4 Temps des adultes versus temps de l’enfant
4.5 Intervention rapide et lien d’attachement
4.6 Importance d’évaluer rapidement le lien d’attachement
4.7 Importance d’évaluer directement le lien d’attachement
4.8 Importance de prendre une décision
4.9 Intégration graduelle
4.10 Adoption tardive et suivi postadoption
4.11 Contacts entre l’enfant et ses parents d’origine durant la période de suivi: médiation versus supervision
4.12 Contacts postadoption avec des membres de la famille d’origine
4.13 Soutien aux employés

Conclusion

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

ANNEXES

ANNEXE 1. Parler d’adoption avec son enfant
Suggestions de livres
- Parler d’adoption avec son enfant
- Parler d’adoption avec son adolescent
- Parler de l’angoisse de séparation avec son enfant
- Parler d’attachement avec son enfant
- Parler d’autres sujets délicats avec son enfant
Jeux interactifs
Suggestions de livres pour les parents
Sites Internet

ANNEXE 2. Conditions pouvant affecter les enfants adoptés
2.1 Déficit intellectuel
2.2 Hépatite C, hépatite B et VIH: transmission mère-enfant
- Hépatite C
- Hépatite B
- VIH
2.3 Maladies mentales
- Schizophrénie
- Maladie bipolaire
2.4 Substances tératogènes
- Les neurotoxines pendant la grossesse
- Effets directs des neurotoxines sur le bébé après la naissance
- Effets indirects des neurotoxines sur le bébé après la naissance
2.5 Syndrome du bébé secoué

ANNEXE 3. L’évaluation psychosociale
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Figure 1. Le cercle de l'adoption

Figure 2. Étapes légales d'une adoption au Québec

Tableau 1. Nombre d'enfants placés en adoption québécoise régulière au CRM-IU depuis 2001

Tableau 2. Comparaison entre les divers types d'adoption

Tableau 3. Âge des enfants placés en famille de type Banque-mixte au CJM-IU

Figure 3. Étapes légales d'une adoption québécoise de type Banque-mixte

Tableau 4. Délai entre le jumelage Banque-mixte et l'admissibilité à l'adoption
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Adopter un enfant est une grande aventure. Une aventure pour les parents adoptifs, qui ont différentes raisons de s’y engager (stérilité, désir d’aider un enfant en difficulté, ...), une aventure pour l’enfant qui entre dans une famille à laquelle il n’appartenait pas initialement, une aventure aussi pour les intervenants qui sont les intermédiaires entre cet enfant et les parents adoptifs. Pour plusieurs parents d’origine de ces enfants, malheureusement, il s’agit d’une mésaventure…

Ces derniers portent souvent sur leurs épaules le poids d’une enfance difficile, de maltraitance, de négligence et d’abandons. Leur jeunesse et leur vie adulte peuvent être marquées par un déficit ou une absence d’attachement, un déficit de développement ou un déficit intellectuel, de l’instabilité, des assuétudes, de la violence conjugale, de la prostitution, de la criminalité, une maladie mentale. Leur désir d’enfant est réel et porteur d’espérance, mais leur manière de vivre est nocive pour eux-mêmes, car certains sont à peine capables de répondre à leurs propres besoins de manière adéquate et constante, et elle devient nocive aussi, par le fait même, pour leurs enfants.

Comme les parents d’origine, les parents adoptifs du programme Banque-mixte sont eux aussi portés par leur désir d’enfant, un désir souvent frustré par leur infertilité. S’ils prennent généralement la décision d’adopter en connaissance de cause, s’ils ont la chance d’être plus outillés que les parents d’origine pour mener leur vie et pour élever un enfant, ils ne sont pas nécessairement conscients, au début, de toutes les implications que comporte une adoption.

Les intervenants sont plus lucides. Ils connaissent les difficultés, les risques et les responsabilités rattachés à l’adoption. Ils sont témoins à la fois de la détresse des parents d’origine, de celle des enfants et de l’espoir des parents adoptifs.

Quant aux enfants, ce sont les premiers concernés par le système québécois de protection de la jeunesse. Lorsque les intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ5) réalisent une adoption, ils ont pour objectif de trouver une famille pour un enfant, et non pas un enfant pour une famille.

Le titre initial de ce livre était Tricoté serré: quelques récits d’adoption. Pour raison de clarté, cependant, seuls les deux derniers mots ont été retenus dans le titre définitif. Il reste que l’expression québécoise « tricoté serré »6, reprise par madame Sorgini dans la préface de cet ouvrage, décrit très bien la forme d’adoption nationale la plus courante au Québec actuellement: l’adoption dans le cadre du programme Banque-mixte.

En effet, dans ce programme, chacun des protagonistes participe directement, tant sur le plan social que sur le plan légal ou affectif, et tous sont, encore plus étroitement que dans les autres types7 d’adoption, liés les uns aux autres par l’enfant, au coeur de leurs préoccupations. Le cercle de l’adoption (figure 1), et particulièrement de l’adoption de type Banque-mixte, ne peut être complet sans l’une de ces personnes.

Le terme « Banque-mixte8 » est un néologisme créé en 1988 par des membres du Service adoption du Centre jeunesse de Montréal– Institut universitaire (CJM–IU9) afin de nommer une nouvelle forme d’adoption qui venait alors d’être mise en place. Le mot « banque » représente le bassin de postulants à l’adoption dans lequel les intervenants peuvent puiser afin de trouver une famille pour un enfant. Le mot « mixte » traduit le double rôle que ces postulants devront jouer: celui de parents d’accueil, au début du processus, et celui de parents adoptifs par la suite, si l’enfant devient admissible à l’adoption.

FIGURE 1
LE CERCLE DE L’ADOPTION



Ce programme a été conçu afin d’offrir rapidement à un groupe d’enfants ciblés des parents stables, capables et désireux de répondre à leurs besoins à court, moyen et long termes. Ces enfants ne sont pas légalement admissibles à l’adoption au moment de leur arrivée chez les parents du programme Banque-mixte, c’est pourquoi ceux-ci jouent au départ le rôle de parents d’accueil. Cependant, parce que leurs parents d’origine connaissent de très grandes difficultés, ont un potentiel réduit de reprise en main et peu de chances de redevenir capables de les assumer ou parce qu’ils se désintéressent d’eux, ces enfants sont très susceptibles de devenir admissibles à l’adoption.

Dans ce contexte, le programme Banque-mixte fournit un filet de sécurité à ces enfants, un « plan B »: durant la période où les intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse travaillent intensivement avec leurs parents et mettent tout en oeuvre pour les aider à développer ou retrouver leurs capacités parentales ou pour les motiver à le faire, les enfants sont placés dans des familles qui sont prêtes non seulement à leur offrir un foyer temporaire, mais aussi à les adopter si cela devient possible, si le « plan A »10 ne se réalise pas.

En ce sens, l’objectif premier d’un projet de type Banque-mixte n’est pas l’adoption, mais l’adoption est souvent un résultat de ce type de projet. Comment cela s’explique-t-il?

Puisque les postulants qui s’engagent dans un projet de ce type doivent avoir non seulement le désir d’aider un enfant, mais aussi celui de l’adopter si cela s’avère possible, les enfants orientés vers ce type de projet doivent être très soigneusement sélectionnés. Sont orientés vers le programme seulement ceux dont les parents vivent de très nombreuses difficultés ou des difficultés très importantes ou, encore, se désintéressent clairement de l’enfant. Le réseau familial ou social de ces enfants n’est pas en mesure de pallier les difficultés des parents et de prendre la relève de ces derniers11.

Le travail qui doit être fait par ces parents pour renforcer leurs capacités parentales et reprendre la garde de leur enfant pourrait être comparé à l’escalade d’une haute montagne, abrupte, escarpée et semée de nombreuses embûches. Les parents ne sont pas des alpinistes aguerris, mais des individus grièvement blessés et fourbus qui s’engagent dans ce travail avec un équipement tout à fait inadéquat. Malgré le soutien intensif des intervenants, ces parents réussissent rarement à atteindre leur objectif et, de ce fait, les enfants sont souvent adoptés par les familles du programme qui les ont accueillis.

En ce sens, le taux élevé d’adoption du programme peut être relié aux habiletés de dépistage des intervenants, qui réussissent très souvent à reconnaître avec justesse quels enfants peuvent être orientés vers ce type de ressource. Mais cela ne veut pas dire que les parents de ces enfants ne reçoivent pas toute l’aide dont ils ont besoin ou que les intervenants lâchent prise à partir du moment où l’enfant est orienté vers ce programme.

Au contraire, ces personnes, qui vivent de grandes difficultés, se voient offrir une aide intensive, et les intervenants sont continuellement à l’affût de nouvelles pratiques d’intervention pour les appuyer. En conséquence, les postulants qui s’engagent dans un projet de type Banque-mixte doivent accepter de collaborer au plan d’intervention mis en place par l’intervenant pour l’enfant et ses parents. Cela peut comprendre, entre autres, des visites entre l’enfant et ses parents dans une ressource qui fournit un local pour de tels contacts avec la médiation ou la supervision12 de ces contacts, des appels téléphoniques entre l’enfant et ses parents, des échanges de lettres, de photographies, de cadeaux…, la présence des parents d’origine aux visites médicales et toute autre activité jugée pertinente à la réalisation du plan d’intervention.

Tous les parents d’origine cependant n’acceptent pas l’aide proposée et beaucoup sont incapables d’en profiter à cause de leurs grandes difficultés. Dans l’état actuel des connaissances, il est encore impossible de tous les aider. En fait, il est réaliste de penser qu’il y aura toujours, malheureusement, des parents inatteignables. Ce programme a été mis sur pied afin d’offrir un ultime recours aux enfants de ces parents, et il est heureux que de plus en plus de couples ou d’individus acceptent de s’engager dans cette belle mais difficile aventure.

La première partie du livre regroupe cinq récits. Chacun raconte l’histoire de parents adoptifs qui ont accueilli un ou plusieurs enfants dans le cadre du programme Banque-mixte. C’est ce qui constitue le coeur, l’essentiel de ce livre.

Les deux premiers récits sont les plus élaborés et décrivent des projets Banque-mixte typiques. Ils partent du point de vue de l’intervenant social au dossier, mais intègrent aussi le point de vue d’autres personnes: parents d’origine, parents du programme Banque- mixte, famille d’accueil régulière, intervenants juridiques... Ils permettent ainsi de décrire la manière dont le Québec gère la protection de la jeunesse en lien avec l’adoption ainsi que le rôle des intervenants.

Les trois récits suivants visent à compléter l’éventail des types de projets d’adoption Banque-mixte; c’est pourquoi ils offrent des exemples de parcours moins typiques. Ainsi, le troisième récit concerne un projet qui échoue à cause des problèmes sévères de l’enfant. Le quatrième récit illustre les trois issues possibles pour un projet de ce genre. Si l’issue la plus courante est l’adoption, étant donné le dépistage soigné des enfants orientés vers le programme, le placement de l’enfant dans la famille Banque-mixte jusqu’à ses dix-huit ans et le retour de l’enfant dans sa famille d’origine sont aussi des éventualités à considérer. Enfin, le dernier récit est celui d’un couple qui accueille des enfants pour lesquels il y a des risques importants concernant leur développement futur tant sur le plan physique que sur le plan psychologique ou émotif. Ces trois récits exposent uniquement le point de vue des parents adoptifs.

La deuxième partie a été incluse pour faciliter la compréhension des différents aspects techniques des projets de type Banquemixte. Elle comporte plusieurs séries de fiches: la première série explique le contexte et l’historique du programme Banque-mixte, les fondements théoriques venus enrichir ce programme et ses aspects légaux; la deuxième décrit les différents types d’adoption nationale au Québec, les compare entre eux et avec l’adoption internationale; les fiches de la troisième série décrivent en détail le fonctionnement et l’évolution du programme Banque-mixte; enfin, la quatrième série de fiches relève certains défis d’intervention propres à un projet de type Banque-mixte.

Le livre se termine par trois annexes. La première traite de la responsabilité, souvent perçue comme délicate par les parents adoptifs, de parler d’adoption avec leur enfant. Cette annexe comprend un court texte et des suggestions de livres et de jeux sur plusieurs sujets reliés à l’adoption.

La deuxième annexe décrit quelques problèmes pouvant parfois toucher un enfant confié en adoption: le déficit intellectuel, la transmission mère-enfant des hépatites B et C et du VIH, les maladies mentales avec connotation héréditaire, les substances tératogènes absorbées par la mère et leurs effets sur le foetus, le syndrome du bébé secoué. Elle vise à donner des renseignements de base aux futurs parents adoptifs.

Enfin, la troisième annexe détaille les renseignements recueillis durant le processus d’évaluation des postulants à l’adoption.

Les adoptions racontées dans ce livre sont toutes réelles. Il ne s’agit pas de récits rassemblant différents éléments de plusieurs histoires en une seule. Le matériel a été recueilli lors d’entrevues avec les personnes concernées. Les dossiers ont été consultés avec l’autorisation du CJM–IU.

Tout a été mis en oeuvre pour protéger l’intimité et la confidentialité des individus et des familles. Tous les noms sont des pseudonymes. Plusieurs éléments ont aussi été omis ou changés: âges, professions, lieux de résidence et autres détails trop précis ou trop particuliers. Le nom des intervenants a été modifié, car certains confient des détails personnels de leur vie, et parce qu’en identifiant les intervenants, il aurait été facile de retracer les enfants ou les familles. Il pourrait arriver qu’un lecteur pense reconnaître un individu: il doit se rappeler qu’en maquillant une personne pour assurer son anonymat, celle-ci peut alors ressembler à une autre, et ce, tout à fait fortuitement.

Bien que ces adoptions aient été réalisées avec l’aide des intervenants du CJM–IU, les parents adoptifs n’habitent cependant pas nécessairement Montréal. En effet, pour le programme Banquemixte et à cause de difficultés de recrutement, il arrive que des postulants à l’adoption de l’extérieur de Montréal soient retenus avec l’accord des autres centres jeunesse concernés13.

Ce livre a initialement été conçu pour décrire les parents qui s’engagent dans un projet de type Banque-mixte, les enfants qu’ils accueillent et les modalités du programme. En cours de préparation cependant est venue l’idée de profiter de l’occasion pour présenter les intervenants qui participent à ces projets et leur travail.

Si les enfants, leurs parents d’origine et les postulants au programme sont les premières personnes concernées, celles dont l’avenir est directement déterminé par une éventuelle adoption, les intervenants jouent un rôle essentiel. Contrairement aux intervenants du réseau de la santé, le rôle des intervenants du réseau de la protection de la jeunesse14 est moins connu et moins compris. Lorsque l’on parle d’eux dans les médias, c’est généralement pour remettre en question leurs décisions. Ils peuvent difficilement se défendre: il leur est impossible de briser la confidentialité, de révéler les éléments de l’histoire et de la situation de leurs clients souvent indispensables pour la compréhension de ces décisions. C’est pourquoi les deux premiers récits saisissent l’occasion d’illustrer leur travail.

Le premier objectif de ce livre cependant est de montrer que l’adoption d’enfants québécois s’avère non seulement possible mais aussi essentielle pour certains enfants qui viennent au monde dans des familles connaissant de grandes difficultés.

Le programme Banque-mixte est le fruit de la créativité d’intervenants engagés et sensibles. Les postulants qui choisissent cette voie consentent à mettre en veilleuse leur désir d’être légalement parents à part entière dès l’arrivée de l’enfant. Ils acceptent de prendre le risque que l’adoption ne se réalise pas, que l’enfant reste chez eux en famille d’accueil jusqu’à l’âge de dix-huit ans15 ou qu’il retourne dans sa famille d’origine16. Enfin, ils collaborent avec les intervenants dans le meilleur intérêt de l’enfant.

Les enfants référés au programme Banque-mixte sont en grande partie de très jeunes enfants17. Comme tous les enfants, ils ne sont pas à l’abri de maladies et de déficits physiques, intellectuels ou émotifs. À l’instar des enfants adoptés à l’international, ils peuvent avoir été exposés à des conditions (malnutrition de la mère, stress excessif, violence conjugale...) ou substances tératogènes durant la gestation, à de la négligence, à des sévices, à des abandons… Leur représentation d’eux-mêmes, des adultes et de la vie peut avoir été déformée temporairement ou, parfois même, de façon permanente.

Si ces enfants, tôt dans leur vie, sont intégrés dans une famille stable, chaleureuse et pouvant répondre à leurs besoins, ils ont plus de chances de redevenir capables de se développer de manière harmonieuse, d’entrer en relation, d’aimer et d’être aimés. Le jumelage avec une famille Banque-mixte est généralement un point tournant dans leur vie. Ce programme a permis jusqu’à maintenant d’intervenir auprès d’eux plus rapidement, de réduire les dommages et séquelles auxquels ils sont exposés et de les projeter vers l’avenir avant même que l’adoption légale soit possible.

Au moment de l’entrée en vigueur des modifications apportées à la Loi sur la protection de la jeunesse, le 9 juillet 2007, ce livre permet de mesurer le chemin parcouru depuis la création du programme Banque-mixte en 1988 et d’évoquer la suite de cette aventure.




5 L’abréviation DPJ sera généralement utilisée dans ce livre.

6 « Tricoté serré: traduction littérale de l’expression anglaise closely knit. En français, on utilise généralement l’adjectif “uni” pour rendre cette idée. Par exemple, au lieu de parler d’une communauté “tricotée serrée”, on parlera plutôt d’une communauté très unie. » Guy Bertrand, Radio-Canada. Date de consultation: 2005-02-24.

7 Types d’adoption nationale au Québec: deuxième série de fiches techniques.

8 Les expressions famille de type Banque-mixte ou famille du programme Banquemixte seront souvent remplacées dans ce livre par le terme Banque-mixte.

9 Le Centre jeunesse de Montréal–Institut universitaire sera généralement mentionné dans ce livre sous l’abréviation CJM–IU.

10 Du point de vue de l’enfant, un retour dans sa famille d’origine est ce qui est le plus souhaitable si ses parents ou des membres de la famille sont en mesure de l’assumer adéquatement. En ce sens, l’adoption est une alternative, un plan B.

11 Lorsque le réseau familial ou social est en mesure de pallier les difficultés des parents, l es enfants c oncernés n e sont pas o rientés v ers une ressource de type Banque-mixte mais plutôt confiés à une personne significative de leur entourage ou à une famille d’accueil régulière, le temps que le réseau de l’enfant se réorganise.

12 Contacts entre l’enfant et ses parents d’origine durant la période de suivi: médiation versus supervision: fiche technique 4.11.

13 Au Québec, il existe 17 centres jeunesse et 2 centres à vocations multiples ayant pour mission de fournir des services psychosociaux ou de réadaptation aux jeunes en difficulté, aux mères en difficulté et à leur famille dans le cadre de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) et de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA). [http://www.acjq.qc.ca]. (Date de consultation: 2007-08-07.)

14 Liste non exhaustive des intervenants du réseau de la protection de la jeunesse: travailleurs sociaux et techniciens en travail social, éducateurs et psychoéducateurs, directeurs de la protection de la jeunesse et réviseurs, chefs de service et adjoints cliniques, juges et avocats, médecins et infirmières, parents d’accueil, psychologues, conseillers, chercheurs…

15 Depuis 1988, début du programme, sur 680 enfants placés en Banque-mixte au CJM–IU, 8 sont les sujets d’une ordonnance de placement jusqu’à dix-huit ans.

16 Depuis 1988, sur 680 enfants placés en Banque-mixte au CJM–IU, 22 sont retournés dans leur famille d’origine.

17 Depuis 1988, le placement des enfants de moins de un an a toujours représenté 50 % des enfants placés. De ce nombre, au moins la moitié des enfants ont moins de 6 mois (voir le tableau 3 à la page 221). Le nombre des enfants placés à la naissance ou dans les six premiers mois tend toutefois à augmenter depuis les dernières années, principalement à cause du dépistage précoce des enfants à haut risque.
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Les cinq récits qui suivent constituent le coeur de cet ouvrage. Chacun forme un tout et peut se lire individuellement. Les acteurs de ces récits, parents d’origine, parents Banque-mixte, enfants, intervenants…, sont des personnes qui existent vraiment et qui vivent encore cette aventure.

Les deux premiers récits sont plus élaborés que les trois derniers. S’ils sont principalement racontés par les intervenants qui ont réalisé les projets, ils montrent aussi les points de vue des autres personnes concernées: parents d’origine, parents d’accueil, parents Banque-mixte, autres intervenants sociaux ou juridiques. Ils permettent ainsi de donner une idée la plus complète possible des enjeux, défis et émotions d’un projet de type Banque-mixte et de décrire ce qu’il représente pour toutes les personnes qui y participent.

Le premier récit illustre le déroulement d’un projet Banquemixte typique à partir du signalement de François, l’enfant concerné, jusqu’à l’adoption proprement dite, en passant par le suivi de la famille d’origine et le jumelage avec une famille du programme Banque-mixte. C’est l’intervenante de prise en charge18 responsable de François et de sa famille qui en révèle les différentes étapes et les difficultés. Le rôle essentiel joué par cet intervenant dans les projets Banque-mixte est ainsi expliqué.

Un aspect particulier de cette histoire est que le père d’origine de l’enfant, lui-même adopté, a été victime de négligence sévère et de déplacements multiples avant d’être intégré tardivement dans sa famille adoptive. Ainsi, tout en décrivant un cas relativement simple de projet Banque-mixte, ce récit illustre aussi la transmission intergénérationnelle de la négligence et du déficit d’attachement, ainsi que les conséquences des lacunes dans l’intervention dont le père a fait l’objet.

Le deuxième récit vise à montrer le rôle des nombreux intervenants pouvant participer à la réalisation d’un projet Banque-mixte. Il est principalement raconté par l’intervenante du Service adoption responsable de la famille Banque-mixte. Cependant, l’éducatrice, la psychologue, l’intervenant de prise en charge, l’avocat et la mère d’accueil qui a accueilli les enfants sur une base temporaire décrivent aussi leur intervention.

Cette adoption est celle d’une jeune fratrie composée de deux soeurs, Rosie et Clara. Les parents d’origine de ces enfants ont des limites émotionnelles qui perturbent de manière importante leurs capacités parentales et limitent leur pronostic de récupération, mais ne présentent pas d’assuétudes et n’ont pas un mode de vie instable. Ce récit permet donc à la fois d’illustrer l’apport essentiel des divers intervenants, les enjeux que comporte le jumelage de fratries et le défi de la problématique particulière des parents d’origine.

Les trois derniers récits sont moins élaborés que les précédents et sont racontés uniquement du point de vue des parents du programme Banque-mixte. Ils visent à donner un éventail de situations possibles, mais plus rares, dans le cadre de ce type de projet.

Le premier de ces récits est celui de parents qui ont accueilli un enfant dit « plus âgé ». Bruno a connu de grandes difficultés avant d’arriver chez eux à l’âge de trois ans. Il est né d’une mère alcoolique qui a consommé durant sa grossesse et est victime d’un syndrome d’alcoolisation foetale. Après sa naissance, il a vécu de multiples déplacements, des abus physiques et sexuels, et des carences affectives sévères. Les problèmes de Bruno sont si importants que ses parents Banque-mixte n’ont pu continuer à assumer sa garde et qu’il a dû être placé en centre de réadaptation. Ce récit illustre l’échec d’un projet Banque-mixte avec toutes ses conséquences pour l’enfant et pour les parents du programme.

Le quatrième récit est celui d’une famille qui a accueilli quatre enfants: trois dans le cadre du programme Banque-mixte et un dans le cadre de l’adoption québécoise régulière19. Si l’adoption de Kevin s’est réalisée facilement, celle de Frédéric et celle de Mariesol, par contre, sont en suspens depuis plusieurs années. Tous deux bénéficient d’une ordonnance de placement en famille d’accueil jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Après un séjour d’un an et demi dans la famille Banque-mixte, Mariesol est retournée dans sa famille d’origine. Cette réinsertion a cependant été un échec et elle est revenue dans cette même famille Banque-mixte où elle vit encore actuellement. Ce récit illustre donc les trois issues possibles d’un projet de type Banque-mixte: une adoption, un placement en famille d’accueil jusqu’à l’âge de dix-huit ans et un retour dans la famille d’origine.

Le dernier récit est celui de parents qui ont choisi de prendre un risque supplémentaire dans le cadre de leurs projets Banque-mixte: celui d’accueillir des enfants pour lesquels il est plus difficile de trouver une famille à cause de leurs antécédents. Ainsi Steven, l’aîné de leurs trois enfants, est victime du syndrome du bébé secoué. Il risque de conserver des séquelles des traumatismes dont il a été victime. Anthony, pour sa part, est né de parents tous deux porteurs d’un déficit intellectuel et Marion est née prématurément. Ce récit permet donc de voir les défis et difficultés, mais aussi les grandes joies et satisfactions des parents qui accueillent ce type d’enfants.




18 On appelle intervenant de prise en charge l’intervenant de la DPJ chargé d’assurer le suivi de l’enfant et de sa famille d’origine.

19 Adoption québécoise régulière: fiche technique 2.2.
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Préface
Table des matières
Tableaux et figures
Introduction
Récits
Achat

François - Personnes mentionnées dans ce récit

Enfant et membres de sa famille d’origine
• François, l’enfant concerné par ce récit
• Hélène, sa mère
• Michel, son père
• Pierrette, mère adoptive de Michel et grand-mère de François
• Frank, père adoptif de Michel et grand-père de François
• Denis, frère adoptif de Michel

Membres de la famille adoptive
• Isabelle, mère
• Vincent, père
• Nadia, fille d’Isabelle et de Vincent

Intervenants du CJM–IU
• Sylvie, intervenante de prise en charge (DPJ), responsable du dossier de François, d’Hélène et de Michel
• Marcel, intervenant du Service adoption (DPJ), responsable du dossier d’Isabelle et de Vincent (son témoignage est utilisé dans le bilan du récit)

Rosie et Clara - Personnes mentionnées dans ce récit

Enfants et membres de leur famille d’origine
• Rosie, aînée des enfants concernées par ce récit
• Clara, cadette des enfants concernées par ce récit
• Mélanie, leur mère
• Paul, leur père
• Mélodie, troisième enfant du couple, née après le retrait des aînées de leur famille d’origine

Membres de la famille adoptive
• Aline, mère
• Jean, père
• Charles, fils d’Aline et de Jean, adopté après l’arrivée de Rosie et de Clara

Intervenants du CJM–IU
• Ginette, intervenante du Service adoption (DPJ), responsable du dossier d’Aline et de Jean
• Chantal, mère d’accueil de Rosie et de Clara avant leur arrivée chez Aline et Jean
• Gloria, psychoéducatrice qui s’occupe de Rosie et de Clara
• Marie-Josée, psychologue et thérapeute de Rosie
• Marc, intervenant de prise en charge (DPJ), responsable du dossier de Rosie, de Clara, de Mélanie et de Paul
• Jean-Claude, avocat au Service du contentieux du CJM–IU
• Jacqueline, juge à la Cour du Québec, Chambre de la jeunesse

Bruno - Personnes mentionnées dans ce récit

Enfant et membres de sa famille d’origine
• Bruno, l’enfant concerné par ce récit
• Joëlle, sa mère
La mère a trois enfants plus âgés et trois enfants plus jeunes que Bruno, des garçons et des filles

Membres de la famille adoptive
• Laurence, la mère
• Philippe, le père
• Véronique, fille aînée de Laurence et de Philippe
• Catherine, fille cadette de Laurence et de Philippe

Intervenants du CJM–IU
• Intervenante du Service adoption (DPJ), responsable du dossier de Laurence et de Philippe
• Intervenant de prise en charge (DPJ), responsable du dossier de Bruno et de sa famille
• Psychoéducatrice (DPJ)

Autres intervenants
• Membres de l’équipe de pédopsychiatrie, ergothérapeute, psychologue…
• Marie et David, anciens parents d’accueil de Bruno

Frédéric, Kevin, Mariesol et Liliane - Personnes mentionnées dans ce récit

Parents adoptifs
• Claudia, la mère
• Pierre, le père

Enfants et membres de leur famille d’origine
• Frédéric, 1er enfant concerné par ce récit
• Denise, sa mère
• Kevin, 2e enfant concerné par ce récit
• Martine, sa mère
• Jack, son père
• Mariesol, 3e enfant concernée par ce récit
• Geneviève, sa mère
• Thérèse, sa grand-mère
• Liliane, 4e enfant concernée par ce récit

Steven, Anthony et Marion - Personnes mentionnées dans ce récit

Parents adoptifs
• Line, la mère
• Martin, le père

Enfants et membres de leur famille d’origine
• Steven, 1er enfant concerné par ce récit
• Gina, sa mère
• Isak, son père
• Lara, sa soeur aînée
• Anthony, 2e enfant concerné par ce récit
• Suzanne, sa mère
• Benoît, son frère aîné
• Marion, 3e enfant concernée par ce récit
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Récits
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Louise Noël sera disponible lors de la 30ème édition du « Salon du livre de Montréal » à la Place Bonaventure au stand numéro 331, samedi et dimanche le 22 et 23 novembre 2008 de 14h à 16h. Vous pouvez en profiter pour faire dédicacer votre livre et elle se fera un plaisir de répondre à vos questions.

Titre : Récits d'adoption - Cinq aventures familiales - Suivis de fiches techniques
Auteur : Louise Noël
ISBN : 978-2-87072-399-7
Editeur : Béliveau Editeur --- Courriel
Format : 15 x 23 cm --- 336 pages
Parution : Février 2008
Prix : 24,95 $ can, 22,50 € TTC (Fr.)

Disponible à la librairie de l'éditeur :
Commande --- Bon de commande en format PDF
5090, rue de Bellechasse
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Tél. : (514)253-0403
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Courriel

et aussi dans plus de 60 librairies au Québec dont :
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